Explosion de la consommation d’avocats : quels méfaits sur la planète ?

« La consommation d’avocats en France devrait doubler dans les prochaines années ». Xavier Equihua, président-directeur général de l’Organisation mondiale de l’avocat (WAO), l’avait prédit en 2017 au cours d’un entretien accordé à FLD. En 2019, l’achat d’avocats par les foyers français a en effet littéralement explosé. A l’AFP, le spécialiste indiquait en janvier que les Parisiens en consomment 2,8 kilos par an. Avec l’avènement du mode de vie healthy, ce fruit est devenu l’un des incontournables à avoir dans nos cuisines.

Un phénomène qui inquiète. Si ce marché permet à certains pays en développement d’augmenter considérablement leur PIB, il causerait également d’importants dommages sur la planète. Le Mexique – suivi par la République Dominicaine puis le Pérou – est le premier producteur d’avocats. La plupart des plantations sont situées à Michoacan, dans le sud-ouest du pays. Plusieurs millions de tonnes d’avocats sont produits dans cette zone montagneuse. Et pour satisfaire des consommateurs toujours plus gourmands, les producteurs sont poussés à la déforestation. Un marché des plus juteux qui n’a pas échappé aux cartels mexicains qui n’hésitent pas à racketter ou assassiner les producteurs pour récupérer leurs récoltes.

En outre, dans cette infographie publiée en anglais, on peut se rendre compte qu’un avocat consomme 227 litres d’eau avant d’être cultivé contre 12,5 litres pour une tomate. Un véritable désastre. Quand l’eau vient à manquer au Mexique pendant les périodes chaudes, les avocatiers vont se nourrir dans les nappes phréatiques, surexploitant les ressources fournies par notre planète.

Autre facteur très néfaste : la pollution engendrée par le transport des avocats de l’Amérique du Sud à l’Europe. L’avocat est un fruit capricieux qui a besoin d’une certaine attention pour mûrir. Ainsi, pendant les centaines de kilomètres en camion et la vingtaine de jours de bateau, le fruit demande une réfrigération à 6°C. Il faut également prendre en compte les emballages et son stockage dans une mûrisserie.

L’avènement de cet « or vert » pose aussi de vraies questions de santé publique au Mexique. L’utilisation pour cette production de produits agrochimiques augmenterait les maladies respiratoires et digestives pour les locaux. Et ce, sans compter sur la très probable pollution des eaux. Au cours de son interview à l’AFP,  Xavier Equihua relativise en assurant que le Mexique «ne représente que 8% des avocats importés en Europe». Si ces chiffres sont vérifiés, cela correspond tout de même à 52.000 tonnes d’avocats, soit 52 milliards de litres d’eau. La consommation annuelle de 13 millions de Français comme le rappelle Le Figaro.

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